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    "Embrazos", avec l'aimable autorisation de Alicia Brizzio

     

    L'étreinte


    Serre-moi, serre-moi fort. Laisse mes yeux clore
    Cet instant merveilleux et souvent écourté
    Les bras emplis de notre bonheur reporté
    Que mon infinie ferveur laisse toujours clore.

    Ne dis rien, prend ma main et saisis tout dès lors
    L’enveloppe, le fond sans limite ni clarté
    Les râles qui rassurent jusqu’en aparté
    Les maris, les amants, les amis qu’on honore.

    Peu importe les propos des pies pavanant
    Leur ramage chaque jour plus beau ou luisant
    Vicieuses et jalouses aux regards argentiques.

    Car on étreint sans réserve ceux qu’on estime
    Et l’émoi suscité est toujours légitime
    Pourvu que l'effusion soit simple et authentique.

     

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    Oh la la, le temps passe et vous aussi !

    Durant ces deux années vous avez été 6155 visiteurs à vous délecter

    de près de 10350 pages de coquineries.

    Comment vous dire que je n'arrive pas à le croire moi-même ! Alors un grand grand merci à vous tous,
    aux soutiens de toujours qui se reconnaîtront et aux partenariats divers.

     

    Bientôt une petite nouveauté pour vous remercier...

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  • Entre Sade et Bacchus

    Entre Sade et Bacchus

    Je regardais le flacon, jaugeais du regard
    Son col, son épaule galbée toute en finesse, 
    De la gueule au corps empli, divine promesse
    De la liqueur qui invite à se coucher tard.

    J'abouchais sans fondement le besoin hagard
    D'une femme éperdue oublier ses richesses,
    Esseulée et sans vertu supplier la liesse,
    Vénérer la boisson et ses moindres égards

    Mais lorsque j'arrivais au cul la tête lourde
    Que l'envie et la bouche n'étaient pas restées gourdes
    J'ai su que l'ivresse ne serait raisonnable.

    Et je te regardais, toi, flacon merveilleux
    Jurer par ta présence aux effets semblables
    Du vin qui enivre le cœur et grise les yeux.

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  • Image: www.arcturius.org


    Amante de la Lune


     J'aime celui ci, celui là, leur cœur, leur place
    Ravivent ma ferveur en tout victorieuse
    Gageant la passion à jamais glorieuse
    Que le jour ni la nuit n'altère ni efface.

     Je l'aime lui aussi, de son esprit vivace
    Aux voltiges de sa répartie lumineuse
    Ou lui encore, de son étreinte amoureuse
    Et qui adroitement à chaque fois enlace.

     J'aime tous ces hommes qui souvent se ressemblent
    Aux désirs immortels qui dedans moi s'assemblent
    De toi que, jour et nuit, j'adule et j'adore.

     Mais mon corps, mon esprit et le cœur qui me tiennent
    Sont chétif, et étroit, et plus malade encore
    Qu'aussi vif d'amour et d'amitié qu'ils contiennent.

     

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    La consolation

    Parfois, ma seule consolation était dans nos regards. Chaque clignement, chaque battement de cil nous déshabillaient encore davantage. Ma peau s'évanouissait, chacun de mes pores en appelant un des siens. La sienne était lisse et soyeuse et ses galbes tentants invitaient à la débauche la plus primaire. Mais ces moments où nous parvenions enfin à nous enlacer étaient si furtifs que j'appréhendais déjà le moment où quelques centimètres nous éloigneraient à nouveau, m'obligeant une fois encore à me satisfaire de ses yeux criant famine. De sorte que cette étreinte que j'appréciais tant, j'en arrivais à souhaiter qu'elle vînt le plus tard possible, à ce que se prolongeât le temps de répit où nos bouches ne s'étaient pas encore rencontrées. Parfois, quand l'un de nous ouvrait la porte pour s'en aller, je m'étalais en de futiles discours, désemparée par la concession que je faisais à ma tristesse de nous éloigner. Et sitôt l'absence ressentie je me réfugiais dans le souvenir de son parfum mêlé de sueur et puis d'alcool et des envies que je refoulais de prendre le téléphone pour lui laisser savoir la boule au fond de ma gorge qui était coincée. Cela ne durait guère longtemps, je m'y étais accoutumée et, consciemment, je savais pertinemment que tout recommencerait encore et encore parce qu'avec lui j'étais faible, trop faible. Et que la femme qui est tout au fond de moi finalement, il ne la connaissait pas. Qu'en serait-il quand il la découvrirait? Me jugerait-il? Je savais que non, bien au contraire et que cette question d'être soi je me la posais indirectement à moi-même. Qui étais-je vraiment?

     

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